influences ancestrales transgénérationnelles

influences ancestrales transgénérationnelles

Où sont nos ancêtres ? Et que veulent-ils ?

Nous sommes ici dans la dimension du monde matériel et terrestre, mais les êtres humains, parce qu’ils sont tellement identifiés à ce monde matériel et terrestre, oublient qu’il existe d’autres dimensions, que tous les esprits ne sont pas ici, incarnés dans des corps physiques, qu’ils vivent dans d’autres mondes. Ceux qui approfondissent le travail systémique savent que nous sommes constamment en contact et sous l’influence à la fois des esprits de nos ancêtres et de tous les autres esprits qui vivent dans d’autres dimensions. Nos problèmes de santé, nos problèmes relationnels, conjugaux, familiaux, professionnels, en fait tous nos problèmes, surtout lorsqu’ils sont récurrents, chroniques ou insolubles, ne sont en réalité pas “nos” problèmes, mais l’écho d’une difficulté vécue par l’un des ancêtres de nos deux lignées familiales (paternelle et maternelle).

Peut-être est-ce un ancêtre un peu différent : l’ancêtre que nous étions nous-mêmes. Peut-être que celui que nous étions dans une incarnation passée se manifeste dans cette vie parce que nous ne sommes pas allés au bout d’une action menée dans cette vie précédente. Cette action inachevée ressurgit dans cette vie-ci, à la manière dont surgissent les problématiques des ancêtres. Peut-être, si tout ceci se manifeste à travers les problèmes et les difficultés que nous n’arrivons pas à résoudre ici et maintenant, que des forces bienveillantes poussent cet ancêtre à se manifester à travers nous et notre problème, et peut-être que nous devons nous associer à elles, pour aider d’autres à résoudre ces problèmes.

C’est ce que fait, non pas le constellateur, mais le médiateur. Il voit quelqu’un arriver avec un problème et il essaie d’entrer en contact, à la fois avec les ancêtres de cette personne et avec les forces bienveillantes qui ont conduit à cette situation de travail possible…

 

Qu’est-ce que le malheur ?

Qu’est-ce que la maladie ? Qu’est-ce que la souffrance ? D’un point de vue systémique, mais aussi d’un point de vue énergétique, familial, ancestral, intellectuel, philosophique, émotionnel, comme d’un point de vue spirituel, la souffrance et le mal sont un bien qui n’est plus à sa juste place, ni à sa juste époque. La souffrance est toujours un problème de place et de moment. Quand quelqu’un ou quelque chose est exclu, il n’est plus à sa place, il n’a plus de place. La conséquence en est la souffrance, le malheur, la maladie, les accidents, les conflits, les échecs. Quand quelqu’un a une place, mais que ce n’est pas sa juste place, la conséquence est la même. Le travail systémique est relativement simple : nous partons toujours à la recherche de ce (celui) qui n’a pas de place ou n’est pas à sa juste place dans l’espace ou dans le temps. Par exemple, quand une douleur ancienne, celle d’un ancêtre, revient dans le présent, se manifeste dans la vie d’un de ses descendants, cette douleur n’est pas à sa place. Quand quelqu’un a un problème qu’il n’arrive pas à résoudre, et c’est le cas de nos clients ou patients, ceci signifie que quelque chose, en eux ou dans leur vie, ne leur appar- tient pas, n’est pas à la bonne place. Alors, nous le ressortons de notre client – on parle parfois de désidentification – et nous le met- tons à une autre place, meilleure, plus juste ou plus adéquate.

Savez-vous comment vous pouvez rendre quelqu’un malade ou lui faire du mal ? Vous l’avez tous vécu et certainement fait aussi : mettez en quelqu’un quelque chose qui ne lui appartient pas. C’est ainsi qu’on rend les gens malheureux ou malades. C’est le contraire de notre travail.

 

La mauvaise conscience

Qu’est-ce qui a été mis en vous ainsi, pour que vous ayez des problèmes ? La culpabilité. Certains disent qu’elle est la cause de tous les malheurs du monde et des individus. Sur quoi est-elle basée ? Sur la mauvaise conscience. Vous avez tous été élevés ainsi : on vous a dit ce qui était bien et mal. Selon que vous ayez été éduqués en Russie ou en France, dans une religion ou une autre, dans une famille ou dans une autre, ce qui est bien et ce qui est mal est différent. Quand vous faites quelque chose qui, selon vous, selon votre conscience, est mal, vous vous sentez coupable, et votre conscience veille, tout le temps. Certains la sentent constamment et c’est la raison pour laquelle ils se sentent souvent coupables. D’autres vivent comme s’ils n’avaient pas de conscience, mais elle est là et s’exprime, en leur créant des maladies, des accidents ou des échecs. S’ils ont de la chance pour eux-mêmes, quelqu’un autour d’eux tombera malade, ratera sa vie ou aura des accidents. Ce sera souvent un enfant ou un partenaire. Quand quelqu’un essaie de refouler sa conscience morale, un plus faible autour de lui subit cette conscience morale à sa place.

 

Mais où sont nos ancêtres ?

Nous vivons dans ce monde matériel et ter- restre, mais la plupart des gens sont squattés par l’un ou l’autre de leurs ancêtres, qui se manifestent partout où ils peuvent se mani- fester : maladies, accidents, échecs… Mais lorsque ces ancêtres se manifestent ainsi, dans notre corps ou dans les situations de notre vie de tous les jours, où sont-ils ?! Nous considérons qu’un être humain est avant tout un esprit qui habite dans un corps physique, pour une vie et souvent pour des successions de vies. Que se passe-t-il quand nous mourons ? Que se passe-t-il pour nos ancêtres quand ils meurent ? Lorsqu’il meurt, l’être humain laisse derrière lui son corps physique et tout ce que ce corps physique lui permettait de faire (marcher, parler, respirer, manger, avoir des relations sexuelles…). Cet esprit, qui s’était incarné dans ce corps physique matériel, passe dans un autre monde : le monde des ancêtres, que nous appelons aussi le monde de l’âme. Que peut-il emmener dans ce monde ? Pas son corps physique. Pas les énergies, qu’on appelle aussi parfois le corps éthérique, qui lui permettaient de vivre dans la sphère terrestre. Il emmène ce qui appartient à une autre dimension de lui- même : ses pensées, ses émotions, ses désirs, les intentions qu’il n’a pas réalisées (les intentions qu’on a réalisées sont inscrites dans le monde terrestre). Chez beaucoup d’être humains, les désirs, les émotions, les pensées et les intentions ne tournent qu’autour de ce qui est matériel : manger, bouger, faire l’amour, voyager…, uniquement autour de ce qui concerne le corps physique. Ceci signifie que la personne, qui vient de mourir à son corps physique et qui se trouve dans le monde des ancêtres, n’est morte qu’avec des intentions, des émotions, des pensées et des désirs pour le monde de la matière. Ceci fait que, lorsqu’ils meurent, la majorité des êtres humains entrent dans la dimension du monde des ancêtres en conti- nuant à être attirés uniquement par la terre. Il n’y a en eux aucune autre aspiration. Quel sera leur destin ? Ils se réincarneront très vite et si, par malheur, ils ne se réincarnent pas très vite, ils sont dans le monde des ancêtres un peu comme des âmes errantes.

 

À travers nous, les intentions des ancêtres Beaucoup de personnes vivent avec l’impression qu’elles ne sont pas et n’arrivent pas à être elles-mêmes, qu’elles n’arrivent pas à se réaliser. Pour une raison principale : c’est que leur vie sur terre est un peu creuse. Il y a dans leur vie des domaines qui ne sont pas remplis. Elles ne sont pas enthousiastes pour la vie et c’est comme s’il y avait en elles des vides ou des trous, dans lesquels entrent toutes sortes de désirs, d’émotions, de pensées appartenant aux âmes errantes des ancêtres, généralement leurs propres ancêtres, parce que ce sont les plus proches de leur corps physique. Nous sommes aujourd’hui sur une terre où la majorité des êtres humains vivent ainsi. S’ils sont nés dans une situation favorable, ils arrivent à vivre une vie de bien-être ou de plaisir, mais la plupart du temps, ce n’est pas le cas : le malheur, la maladie, le mal-être se manifestent de plus en plus, la vie se dégrade de plus en plus. Ce qu’il est vraiment important de retenir, c’est que partout où nous laissons un vide dans notre vie, en particulier le vide de toutes les intentions que nous n’essayons pas de réaliser et d’incarner, à ces endroits-là, partout, s’introduisent des ancêtres avec leurs propres intentions non réalisées. Sachez cependant que la force des “bonnes” influences de vos ancêtres sur vous et votre vie est beaucoup plus puissante que celle de leurs influences “négatives”. Sinon, vous ne seriez pas là ! Mais tout ce que les ancêtres n’ont pas réussi à vivre, là où ils ont été exclus dans leur vie, là où ils ont eu des intentions qu’ils n’ont pas pu réaliser, là où on les a bloqués comme vous êtes bloqués parfois dans votre vie, il y a en eux encore le mouvement de cette intention, et comme ce n’est plus possible dans leur propre vie, ils la transmettent dans la vie d’un de leurs descendants.

 

La conscience morale transgénérationnelle

La nature de l’être humain n’est pas la conscience morale : c’est la nature de son esprit, qui est une clarté et une compréhension immédiate ; de l’amour et du respect pour ce qui est grand, beau, harmonieux ; de la compassion pour ce qui souffre, ce qui est prisonnier ou limité ; et toujours de la joie et de la sérénité. Mais comme les êtres humains n’ont plus accès à la dimension supérieure du monde spirituel, ils mettent autre chose à la place, et c’est la conscience morale d’un pays, d’une religion, d’une famille, d’une éducation. La conscience morale est faite sous l’influence de systèmes terrestres mis en place et gérés par des êtres humains qui n’ont pas accès à la réalité de l’esprit. Ce qui fait que l’être humain, au lieu d’être libre dans la dimension de l’esprit, est emprisonné dans toutes sortes de consciences. Par conséquent, notre équilibre ne dépend pas seulement de notre conduite personnelle. Nous appartenons à un système familial et ancestral plus large, et ce qui arrive dans une autre partie de notre système, peut-être à l’un de nos ancêtres, peut avoir une répercussion directe dans notre vie, car nous avons une conscience systémique, et cette conscience est comme une force qui pèse sur nous. Elle correspond à la conscience collective de tous ceux qui font partie de notre système familial ou ancestral, et elle est régie par les mêmes principes que la conscience individuelle.

Au niveau individuel, nous voulons l’attention, nous ne voulons pas être exclus. Nous voulons aussi notre place. La conscience systémique veille à ce que tous ceux qui font partie de ce système ne soient pas exclus, que chacun soit à sa juste place. Elle veille aussi à l’équilibre entre donner et recevoir. S’il y a un exclu, la conscience systémique fait en sorte qu’un de ses descendants rappelle qu’il a droit à une place. Pour rappeler cela, le système impose au descendant des façons de penser, de ressentir et même des situations semblables à celles qu’a vécues l’ancêtre. Par là, il privilégie l’ancien par rapport au nouveau et c’est même comme s’il sacrifiait le nouveau. Quand on essaie de comprendre le mouvement des consciences, on voit un amour étriqué chez les individus. C’est chacun pour soi, et même si je fais pour un autre, c’est pour recevoir. On voit ensuite un amour un peu plus grand, celui de la conscience systémique, avec cette bizarrerie : le sacrifice des nouveaux pour les anciens. Il s’agit là d’une conscience archaïque, celle des anciennes hordes humaines. De plus, cette conscience n’a pas d’amour pour ceux qui n’appartiennent pas au système. La conscience du système familial s’oppose à la conscience d’autres systèmes, d’autres familles. C’est la même chose pour les systèmes nationaux, professionnels, religieux. Ceci est la cause la plus fondamentale des conflits entre groupements professionnels, nationaux, religieux…, tout comme la conscience individuelle et l’amour pour soi sont la cause fondamentale des conflits entre individus.

 

La conscience morale supérieure

L’amour est un mouvement supérieur à ces principes. Même les gens les plus matérialistes peuvent se dire qu’il existe cette dimension supérieure, qui s’ajoute à toutes les autres. C’est celle que nous appelons la dimension spirituelle, l’amour spirituel. Nous avons vu que l’amour individuel exclut les autres car il cherche le bien pour lui, et que l’amour systémique exclut les autres systèmes. La conscience spirituelle, ou l’amour spirituel, englobe tous les individus et tous les systèmes. Son mouvement est toujours d’inclure tout être et toute chose, de toujours tout réconcilier, même les choses qui ne sont pas réconciliables aux autres niveaux. La conscience spirituelle est comme le soleil, elle éclaire le bien et le mal. Elle est comme la pluie, qui tombe sur les bons et les méchants, les justes ou les injustes. De notre point de vue, il existe une dimension supérieure qui inclut le juste et l’injuste, et peut transformer le bien et le mal en quelque chose de supérieur à tout cela.

 

Parfois…

Parfois, nous n’arrivons pas à résoudre nos problèmes par la médecine, les psychothérapies, le coaching, ni même les constellations familiales et ancestrales. Il nous est alors possible de nous adresser à cette force supérieure, cette force spirituelle, la force de l’Origine d’où tout vient et où tout retourne. Nous pouvons parfois lui demander d’intervenir au niveau des problèmes que nous n’arrivons pas à résoudre par les autres moyens. C’est le travail au niveau du souffle de l’Esprit, au- delà du mouvement de l’âme et de toutes les représentations et constellations.

Idris Lahore

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