52_A05_midLes traumatismes transgénérationnels

Du point de vue systémique transgénérationnel, les troubles et les maladies physiques, psychiques ou psychosomatiques, de même que toutes les autres formes de troubles familiaux, sociaux, relationnels ou professionnels, lorsqu’ils sont graves ou récurrents, ont comme source primaire une perturbation dans le système familial – ce qu’on peut appeler un traumatisme – qui s’est produite quelques générations auparavant..

Cette perturbation grave, ou ce traumatisme, du système familial et ancestral, s’est incrusté, et ensuite a été transmis de génération en génération, jusque dans la famille d’origine, composée de nous-même, de notre mère, de notre père et de notre fratrie. Cette perturbation se manifeste en particulier dans la relation de la mère à l’enfant, mais parfois du père à l’enfant, et d’autres fois encore de l’enfant à sa fratrie. Non-respect des trois principes fondamentaux Ces perturbations dans le système familial ou ancestral sont attribuées principalement au non-respect des trois principes fondamentaux de la vie des systèmes familiaux : quelqu’un a été exclu, ou bien on n’a pas respecté la place de quelqu’un – de quelqu’un ou de quelque chose – ou encore il y a eu un déséquilibre au niveau des échanges. C’est ce que l’on appelle les trois blessures principales d’un système. Lorsque la blessure, le non-respect de ces principes, est grave, il se répercute à travers les générations. Il se manifeste alors sous la forme de troubles, de maladies corporelles, psychiques ou psycho- somatiques, ou bien encore de difficultés et d’échecs récurrents dans la vie. Voilà ce que nous ne devons jamais perdre de vue lorsque nous pratiquons les constellations….

L’important est d’avoir une idée de la façon dont les troubles se mettent en place. Puis la question se pose : pourquoi l’un vit le stress et en sort renforcé, et l’autre subit un traumatisme qui un jour conduira à un trouble psychique ou une maladie corporelle ? Parfois, c’est l’intensité du stress, mais la cause systémique transgénérationnelle doit être considérée par nous comme la plus importante : un stress devient un traumatisme qui conduit un jour à une maladie, s’il y a eu une blessure importante du système ancestral, par exemple une exclusion d’un ancêtre. L’enfant intriqué avec cet ancêtre, sera non seulement stressé par l’une des situations que nous avons évoquées, mais en plus il en sera traumatisé, avec comme conséquences, des troubles, des maladies ou bien, dans d’autres domaines de la vie, des échecs ou des difficultés récurrents.

 

Coupé de la force

Au cours des constellations, on va souvent à la recherche de causes, d’événements graves ou marquants, en général des exclusions. Une exclusion, ce peut être chasser quelqu’un, ce peut être ne jamais lui parler, ce peut être un meurtre… Il existe de nombreuses formes d’exclusion. On met alors en évidence ce qui a été exclu, celui ou ceux qui ont été exclus. C’est une façon de procéder. On peut aussi procéder d’une autre façon : on part d’un problème, et on cherche un endroit où il y a des ressources et de la force. Par exemple : certaines femmes parmi vous ont l’impression de ne pas arriver à vivre leur vie de femme, ou elles ont l’impression de ne pas arriver à vivre leur féminité de façon complète ou correcte, et elles ressentent cela comme un vrai handicap dans leur vie de femme ; elles n’arrivent pas à se réaliser en tant que femmes. Ou bien il y a des hommes parmi vous qui ont l’impression qu’ils n’arrivent pas à exprimer tout leur potentiel de réalisation. C’est comme si leurs forces masculines étaient en retrait.

Conséquence des traumatismes

Dans les cas où les liens sont rompus dans une famille, où par exemple l’enfant n’arrive pas à entrer en contact avec ses parents, il réagit d’abord toujours par la peur, ensuite il se révolte, il est en colère, il manifeste : c’est alors que les enfants deviennent insupportables ! Après la période de manifestations, il se résigne, déprime, et avec l’âge, devient un adulte dépressif, souvent 40, 50 ou 60 ans plus tard. Ce sont toutes les vieilles personnes dépressives que vous voyez. L’enfant arrive souvent à compenser le manque de lien sécurisant et structuré avec sa mère ou avec sa famille. Il fume, il se drogue, il mange beaucoup. Actuellement, les enfants se mettent devant les ordinateurs et ne les quittent plus. D’autres font de grandes collections d’objets… et avec le temps, d’argent ou de biens quelconques ; d’autres formes d’addictions sont le jeu, le sexe… C’est le cheminement normal. En même temps ou après les phases de peur, de colère, de déprime ou de résignation, vient une période de manifestation de la souffrance psychique à travers des maladies physiques. Ces dernières sont simplement la manifestation de la souffrance intérieure, après la peur, la révolte et la tristesse ou la dépression. Ces schémas sont actifs chez chacun et se succèdent toujours de la même façon, parce que l’être humain fonctionne ainsi. S’il s’agit seulement de stress qui ont été vaincus, ces différentes phases sont alors traversées assez rapidement, et oubliées. Quand ces stress ont été vécus de façon beaucoup plus douloureuse et sont devenus des traumatismes, ces périodes peuvent être très violentes, très longues et aboutissent à toutes sortes de maladies.

À la source des maladies graves

Par rapport à deux enfants dans une famille, celui qui développera une maladie grave est celui qui est intriqué avec quelqu’un qui, dans les générations précédentes, soit a été victime de l’exclusion, soit a causé une exclusion ou un meurtre, soit encore en a été témoin. En effet, sont marqués par un traumatisme à la fois ceux qui créent le traumatisme, ceux qui en sont victimes et ceux qui en sont témoins. Chez certains, la situation crée simplement un stress qu’ils arrivent à surmonter, mais chez d’autres, elle crée un traumatisme, même s’ils ne sont que témoins. Ceux chez qui il y a eu un traumatisme vont le trans- mettre aux générations suivantes, et l’enfant intriqué dans ces générations suivantes, lui, manifestera le type de maladie qui est en lien avec le traumatisme transgénérationnel. Par exemple : dans le cas d’un meurtre dans la famille, un enfant développera une maladie mentale ou une maladie très grave comme un cancer. La fragilité a toujours une source transgénérationnelle (si tout n’était que physique, on parlerait de cause génétique) et nous l’aurons jusqu’à la fin de nos jours si nous ne la traitons pas à sa source, ce qui signifie au niveau transgénérationnel. En effet, ce sont cette faiblesse transgénérationnelle et cette intrication qui ont transformé le stress de la vie familiale, de la relation avec la mère et le père, ou avec les frères et sœurs, en un traumatisme et ont rendu notre vie familiale insécurisante et déstructurée. Pour beaucoup de gens, il est nécessaire de trouver la cause première transgénérationnelle et ensuite de suivre une thérapie adaptée.

 

Traumatismes et maladies

● Les traumatismes de la séparation. S’ils n’ont pas été intégrés, ils ont principale- ment comme conséquence une tendance à la dépression et aux maladies cardiaques, qui sont les maladies du “cœur brisé”.

● Les traumatismes liés à la peur de la mort ou de la souffrance extrême entraînent des troubles comme l’anxiété, la peur, la panique et les phobies.

● Les traumatismes liés à l’attachement familial insécurisant et non structuré entraînent la plupart des formes de névrose.

Les cas très graves toujours liés à des meurtres Lorsqu’il s’agit d’un traumatisme transgénérationnel, lié à des exclusions graves, souvent à des meurtres, les conséquences habituelles sont des maladies mentales comme la psy- chose ou la schizophrénie, ou des maladies corporelles comme le cancer. Les cas légers relèvent plutôt des traumatismes familiaux, des problèmes d’attachement dans le cadre de la famille. Les cas très graves sont toujours liés à des meurtres, donc en lien avec un assassin et sa victime, les autres étant plutôt des cas de la violence familiale. Mais toutes les familles sont liées aux dernières guerres, et à celles qui ont les précédées, et à d’autres encore : la plupart des familles ou les membres de ces familles ont été soit des meurtriers, soit des victimes, soit des témoins. Tout ceci peut se transmettre et se transmet.

Idris Lahore

Méditation sur les loyautés

Asseyez-vous le plus confortablement possible… Vous pouvez laisser passer vos pensées… Revenez un peu à vous… Concentrez-vous sur votre respiration ou votre hara ou n’importe quelle autre partie de votre corps. Acceptez tout, les sons, la chaleur, vos tensions, tout, comme c’est. Vous pouvez regarder dans votre vie, ou certains domaines de votre vie, ou un domaine de votre vie où il y a une souffrance, et où vous avez l’impression que vous imitez quelqu’un de votre famille, qui a vécu ce que vous vivez ou quelque chose de semblable… peut-être dans votre vie relationnelle, familiale, professionnelle, peut-être dans votre relation à l’argent, ou à votre santé… Souvent, c’est votre père ou votre mère. Mais ce peut être aussi un grand-père, une grand-mère, un frère ou une sœur… Regardez s’il y a des domaines de votre vie où vous vous interdisez de réussir, ou d’être équilibré, ou en bonne santé, et à qui ce peut être lié. Où va votre loyauté ? Si quelqu’un vous apparaît, dites-lui : “Par amour innocent et par loyauté, j’ai fait ça moi aussi, je suis malade moi aussi, je me sabote moi aussi, je ne me permets pas non plus de réussir… comme si, pour toi, ça changeait quelque chose ! Maintenant, je sais que pour toi, ça ne change rien, je sais que c’est inutile. Pour toi comme pour moi, je sais que je peux changer ça maintenant. Je peux me permettre d’être en bonne santé, de réussir. Je peux me donner la permission… Et sur ton visage, je peux voir que j’ai la permission… Je peux réussir là où je me sabotais, là où je me vouais à l’échec, là où je me rendais malade. Je peux faire ça pour toi et pour moi. Avec ta bénédiction, avec ton accord… Et je vais réussir pour toi et pour moi. Je vais réussir pour les deux.” Si, maintenant, vous êtes en contact, si vous arrivez à visualiser la personne, vous pouvez vous courber devant elle, simplement… et ensuite vous relever et regarder beaucoup plus loin encore. Regardez vers cet espace qui crée tous les destins, qui crée tous les êtres humains, cet espace originel qui permet à tout d’exister. Vous pouvez rester un instant encore, et quand vous le désirez, vous ouvrez les yeux et vous revenez tranquillement ici. Pour certains, un exercice comme celui-ci peut débloquer la situation. Pour d’autres, les blocages sont tellement importants qu’il va falloir faire un autre travail. Mais ce travail peut déjà s’amorcer avec ce retournement de la façon de penser.

 

 

 

 

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